
Tout est dans le titre. La suite c’est de la tristesse.
J’ai pas envie de me branler dans les coins mais c’est plus fort que moi.
Je vais pas me répandre comme sur les forums.
Là ça va fleurir de conneries à la “salut l’artiste” en dégoulinures bien mièvres et stupides.
Mais j’ai pas envie d’être méprisant. C’est pas vraiment le moment.
Alain Bashung a laissé une trace dans ma vie. Il fait partie de ce que je suis.
Bien nette.
Le sous-titre de ce blog c’est “ADN culturel”.
J’étais assez fier de cette idée mais ça ne reflétait pas du tout le contenu.
Mais là tout d’un coup ça se révèle totalement adéquat.
Alain Bashung m’a fait vibré. ça m’a tellement marqué cette façon de modifier la langue française pour faire sonner tout ça comme du yaourt compréhensible et putain de poétique.
Et drôle aussi.
J’en manque de mots.

Bashung et Bergman pour les textes. Avec cette créativité tellement jouissive.
J’ai même une formule.
Les 3G, Bashung/Bergman/Gainsbourg. La sainte trinité des paroliers surdoués. Y’en a bien d’autres mais la formule me plait. Et eux à mort.
Alors ce soir en matant le journal déplorable de France 2. Le JT de 20h. Qui fait encore la part belle aux peurs en pagaille. Oh mon dieu Facebook peut te faire renvoyer, après le jeux vidéo en ligne vont pourrir votre putain de pouvoir d’achat, bidonage indigne d’un journaliste à la clef, les dangers d’internet pour les gosses et ad fucking nauseam.
Et putain de merde le sujet n’est pas là.
Tout ça pour dire que ce connard de présentateur ultrabright, Laurent Delaousse, annonce la mort d’Alain Bashung qu’il a découvert le jour même avec La nuit je mens, obligé.
La dessus il lance le journal. Et sur la fin Bénabar est interviewé. Il passe au zénith quelque minutes plus tard. Et j’aime vraiment pas ce qu’il fait ce mec. ça sent la poussière, et comme un con peut être, les mots qui me viennent c’est poujadiste et vieille france de merde. Mais là je sais pas si le mec était dans le trac à donf ou s’il était putain d’ému mais je l’ai senti putain d’ému.
Mais vraiment classe. Le mec sautillait sur place gêné, les yeux tout fixes et brillants. Comme si on me demandait de faire le truc. Je me suis senti proche de lui sur le coup. Sympathique le gars.
Quel con.
Depuis tout môme j’écoute les chansons de Bashung.
Mon père avait offert un Best of à ma sœur. Le truc noir avec le texte en rouge.
Putain j’ai tellement tripé. Instantanément.
Et maintenant j’ai envie d’écrire qu’une part de moi est morte aujourd’hui. Mais c’est faux. J’ai même pas écouté son dernier album. Et depuis un bail il avait laissé de coté son humour. Partant dans une poésie sérieuse et sombre que j’aimais moins.
Mais quand même putain oh combien de putain je suis triste. Elsass Blues.
Ce mec me plaisait. J’y pensais jamais mais quand même de savoir que quelqu’un comme ça existait ça faisait du bien.
Pour les cinéphiles en apprenant la mort de Clint Eastwood ou de Redford ça ferait la même.
C’est bien la première fois.
Alors ouais quand même : salut l’artiste.
Et merci beaucoup.
Putain de sa race. J’aimerai en voir crever d’autres.
Ouais.
Moi aussi ça me fait chier.
Je sais pas quoi dire de plus.